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mercredi 24 mars 2010

Le Guerrier Silencieux, ouais, bof…

Un réalisateur qui arrive à réunir Scott Walker, Glass Candy, Richard Wagner et les Pet Shop Boys dans une même BO ne peut pas être un tâcheron, Nicolas Winding Refn l'a fait en 2009 dans Bronson, un film chiant comme la pluie, insensé et impitchable (mention spéciale au synopsis d'Allocine.fr en passant), mais avec une certaine liberté formelle qui m'a laissé quelques espoirs sur ce réalisateur danois.

C'est donc avec bienveillance que je me rends voir le Guerrier Silencieux, mon premier film de Vikings, peu de temps après avoir vu Aguirre de Werner Herzog, auquel ce film est souvent comparé.

Dès les premières minutes, on comprend que le Guerrier Silencieux n'évolue pas tout à fait dans le même registre. En une poignée de secondes, on assiste à une demi-douzaine de décès de mort violente (étranglement à la corde, étripage à mains nues, défonçage de crâne à la massue) et souvent très sonore (le bruit d'une épée qui tranche une gorge ne fait plus shling mais scroutch, comme un peu toutes les armes aperçues dans le film aussi diverses soient-elles). Le décor est planté, cheveux longs, blonds et ébouriffées, armures sobres mais fonctionnelles, poisson pas frais dans l'écuelle, nous sommes au pays des Vikings, et One-Eye, le guerrier silencieux, après avoir tué la moitié du casting, vient d'échapper à sa captivité, emmenant avec lui un enfant, Are, qui lui sert de porte-parole (car One-Eye est muet, en plus d'être borgne - Nicolas Winding Refn n'est d'ailleurs pas avare de gros plans sur ce qui reste de son oeil).


Au milieu : One-Eye, juste derrière lui : Are, les autres on s'en fout ils meurent dans 10 secondes


Au cours de leur périple, les deux protagonistes rencontreront des Vikings chrétiens qu'ils accompagneront dans leur voyage pour la Terre Promise.
Alternant scènes de tueries ultragores et scènes contemplatives visuellement réussies mais cent fois trop longues, NWR tente d'apporter une dimension psychologique (ou métaphysique, au choix) à son film en glissant par-ci par-là quelques plans incongrus aux couleurs écarlates. Attention au spoiler dans deux lignes. Le jeu d'acteur de Mads Mikkelsen reste au râs des paquerettes (aucune expression, pas un mot à prononcer du film) et quelques séquences manquent de sombrer dans le ridicule par leur prétention, parmi lesquelles on peut compter la scène concluant le film, où One-Eye se laisse tuer sauvagement par une tribu d'Indiens (!) sortis de nulle part, abandonnant Are à son triste sort (tout seul).

Malgré le soin apporté à l'image et à la bande son, que je salue, je ne suis donc pas convaincu par le nouveau film de Nicolas Winding Refn, et je confirme donc mon fort pressentiment quant à la santé mentale de Philippe Rouyer qui ose écrire dans Positif et répéter chez Beigbeder que Le Guerrier Silencieux est au film de Vikings ce que 2001 est à la science fiction. J'aimerais qu'on m'explique ça (ça vaut aussi pour Orange Mécanique / Bronson).