Affichage des articles dont le libellé est musique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est musique. Afficher tous les articles

dimanche 19 décembre 2010

Top 10 des morceaux de l'année 2010

Comme tout le monde j'ai envie d'y aller de mon petit top 10 (pour les films, ça vient bientôt). Je pense que ces super morceaux se suffisent à eux-mêmes, par conséquent je m'abstiendrai de tout commentaire. Joyeuse écoute.


1. CHILLY GONZALES - Knight Moves (album Ivory Tower)

 


2. PACIFIC! - Venus Rising (album Narcissus)




3. DARKSTAR - Dear Heartbeat (album North)




4. CRYSTAL CASTLES - Violent Dreams (album Crystal Castles)




5. AEROPLANE - We can't fly (album We can't fly)

(ndh : je n'ai pas trouvé le morceau complet, allez donc l'écouter en entier sur les plateformes d'écoute légales)



6. MR OIZO & GASPARD AUGE - Tricycle Express (album Rubber)




7. PVT - Window (album Church with no magic)




8. AUFGANG - Dulceria (album Air on fire)




9. ROYKSOPP - Senior Living (album Senior)




10. SOLAR BEARS - Crystalline (album She was coloured in)

samedi 16 octobre 2010

Top 10 des pianistes révolutionnaires du XXIe siècle

Cela va faire bientôt deux mois que le meilleur album de l'année 2010 est sorti. Il s'agit de Ivory Tower de Gonzales, qui sert d'ailleurs de bande originale pour un film au charme fou, qui porte le même nom et sortira en salles à une date indéterminée, peut-être jamais.

Knight Moves, le premier titre d'Ivory Tower, est un authentique chef-d'oeuvre. S'ouvrant sur quatre simples accords de piano, progressivement suppléés par de jolis arpèges puis par une ligne rythmique disco, le morceau étale sur quatre minutes son thème parfait, ponctué ça et là d'un refrain morriconien tout en voix féminines et cordes éthérées.

J'ose affirmer que Chilly Gonzales fait partie de ces gens qui font avancer la douce musique du piano à travers notre siècle, en digne héritier de Bach, Beethoven, Schubert, Chopin, Liszt, Debussy, Satie, Joplin, Jarrett, Elton John et Roger Hodgson. Heureusement, il n'est pas seul.


1. Gonzales (38 ans, Canada)
Génie musical, comme il aime à se présenter lui-même, Chilly Gonzales s'est forgé au fil des années une solide réputation d'artiste farfelu et multitâche. Sa carrière a débuté il y a dix ans avec un album de hip-hop, puis s'ensuivirent trois autres dans la même veine ; mais son talent a explosé à la face du monde en 2004 avec Solo Piano, album de solos de piano (oui) visiblement inspiré par Joplin et Satie, et pourtant unique en son genre. La même année, il asseyait aussi son statut de producteur pour des albums de Feist, Katerine et Jane Birkin.
Mais c'est sur scène qu'il est révolutionnaire. Avec un piano, il peut tout faire, tout jouer, mais surtout ne se départ jamais de son humour très personnel, directement lié à la musique. L'un de ses spectacles s'appelait d'ailleurs Piano Talk Show : entre deux morceaux, il y donnait des cours hilarants de théorie musicale (clique !), faisait part de quelques "anecdotes glaçantes" sur son travail avec Charles Aznavour, proposait des extraits live de son prochain opéra autobiographique racontant son enfance de génie musical, et invitait même des illustres confrères à venir chanter avec lui (Katerine, Arielle Dombasle, Teki Latex).
Il est de surcroît le recordman du monde du concert le plus long (27 heures), que le théâtre Cine13 de Paris a eu l'honneur d'organiser. Il a également joué les mains de Gainsbourg dans la biographie "héroique" de Joan Sfar et est l'auteur des deux seuls bons titres de la bande originale de ce film épouvantable. Gonzales sait tout faire, et il le fait bien. Ci-dessous, deux de ses titres-phares, DOT et Take me to broadway, en live.




2. Francesco Tristano Schlime (29 ans, Luxembourg)
Pianiste classique de formation, Francesco Tristano délaisse depuis quelques années la musique baroque pour faire avancer la musique contemporaine. Son album Not for Piano en 2007 laissait déjà entrevoir une patte unique, une nouvelle façon d'appréhender son instrument et une nette orientation vers la musique électronique. Le pas est franchi deux ans plus tard avec son groupe, Aufgang, dont l'objectif affirmé est de casser les frontières entre musiques acoustique et électronique. Et c'est une franche réussite ; entre l'énergie dancefloor de Sonar, le dynamisme rock de Channel 7 (ci-dessous), les évocations classicistes du bien nommé Barok et le charme foutraque de Dulceria, le son de Francesco Tristano est toujours là pour dynamiter les codes. Il vient de sortir un nouvel album solo Idiosynkrasia, et se produit assez régulièrement seul au piano pour des récitals classiques, mais également avec Aufgang, ou d'autres confrères du monde électronique (Carl Craig, Murcof) pour d'occasionnelles expérimentations.



3. Maxence Cyrin (France)
Fan de Chopin et de Debussy autant que d'Aphex Twin ou LFO, Maxence Cyrin s'est piqué de lier les deux univers en reprenant au piano des titres phares de la musique électronique dans Modern Rhapsodies, un album sorti en 2005. Il donnait alors une seconde jeunesse à des morceaux aussi divers que Behind the wheel de Depeche Mode, Acid Eiffel de Laurent Garnier ou Go de Moby. Depuis il a sorti un deuxième album, Novö Piano, basé sur le même concept où cette fois-ci ce sont MGMT, Justice ou Arcade Fire qui sont passés à la moulinette de ce spécialiste de la cover pianistique.



4. Kae Shiraki (Japon)
Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression qu'un film où le personnage principal est un pianiste a toujours du succès. Et pour mieux confirmer cette règle, j'ai bien envie de parler de Quatre Minutes, film allemand sorti en 2006 et très peu vu, l'histoire d'une détenue virtuose qui entretient une relation tumultueuse avec sa professeur pète-sec et vieux jeu. Si le film ne laisse pas un souvenir impérissable, ce n'est pas le cas de la bande son, partagée entre morceaux classiques et composition originales. L'une de celles-ci est l'oeuvre de la compositrice japonaise Kae Shiraki, qui passe par toutes les touches, toutes les cordes du piano et toutes les émotions dans ce morceau joué pendant la séquence la plus prenante du film, celle qui lui donne son nom. Quatre minutes ébouriffantes, qui justifient à elles-seules la vision du film et la quatrième place de ce top (oui parce qu'en fait j'avoue que je ne sais pas trop qui est cette femme).



5. General Elektriks (40 ans, France)
Personnellement, je ne suis pas un féru des concerts, mais s'il y a un artiste dont les performances live justifient vraiment de payer sa place, c'est bien le claviériste de génie Hervé Salters alias General Elektriks. Auteur de l'un des meilleurs albums de l'année dernière, ses concerts sont vraiment l'occasion de revisiter ses titres, de les prolonger. A dire vrai, ce garçon n'a rien à faire dans cet article car je ne l'ai jamais vu devant un piano. Son instrument c'est le clavinet, mais il le maîtrise tellement que je m'autorise ce petit écart de conduite. Ouais, on n'avait pas entendu un clavier claquer comme ça depuis Stevie Wonder.




6. et 7. Brad Mehldau (40 ans, USA) et Yaron Herman (29 ans, Israël)
On dira ce qu'on voudra mais le free-jazz c'est quand même de la merde. Il faut sûrement être un initié de très haut niveau pour prendre son pied à entendre tous ces improvisateurs de génie se masturber le mi-bémol pendant vingt-quatre minutes dans un boeuf endiablé sans se soucier une seconde de rythme, d'harmonie, de musique (apparemment). Ces deux-là l'ont bien compris et convertissent les béotiens en reprenant des titres pop à la sauce jazzy. Beaucoup s'y casseraient les dents, mais quand c'est bien fait, ça passe. C'est ainsi que Brad Mehldau, spécialisé notamment dans Radiohead s'est rendu auteur d'un Paranoid Android en solo piano absolument parfait. Quant à Yaron Herman, plus jeune, on lui doit surtout ce trio pas piqué des hannetons inspiré du Toxic de Britney Spears.



8. Matthew Bellamy (32 ans, UK)
Il semblerait que Muse soit un peu sous-estimé ces derniers temps. Et pourtant je pense qu'on se souviendra longtemps de ce groupe et notamment de son leader Matthew Bellamy, qui ne s'est jamais reposé sur son succès, constamment en recherche de nouveauté, d'autres expériences musicales. Mais toujours une constante : des partitions de piano toujours joyeusement pêchues, aux inspirations diverses mais toujours illustres, de Rachmaninov à Philip Glass. Qu'on aime ou pas sa voix certes un peu criarde, on ne peut nier les talents de compositeur de cet autodidacte génial. J'estime d'ailleurs à douze le nombre de chefs-d'oeuvre dont il s'est rendu responsable en l'espace de quatre ans (1999-2003). Parmi lesquels :



9. Jon Brion (47 ans, USA)
Allez, il faut bien que je parle un peu de musique de films, je mets un point d'honneur à ce que ça soit ma spécialité. Le panthéon des compositeurs de BO ne s'est guère élargi depuis 2000, mais il faut bien avouer que les petits nouveaux (Desplat, Giacchino, Mansell, Andrews, Amar) s'en sortent plutôt bien. Parmi eux, mon choix se portera donc sur Jon Brion, qui a réussi à se démarquer grâce à un background piano-rock assez singulier. Après avoir travaillé avec quelques artistes cool tels que Aimee Mann, Fiona Apple ou Rufus Wainwright, Brion fut appelé par Paul Thomas Anderson pour mettre en musique Magnolia, puis Punch Drunk Love. Sa faculté à produire des compositions à la fois gaies et nostalgiques, classiques et avant-gardistes, a ensuite été mise à profit dans d'autres films du cinéma indépendant américain, notamment Eternal Sunshine of the Spotless Mind, I ♥ Huckabees, ou encore Synecdoche, New York :



10. Aphex Twin (39 ans, UK)
Je fais un peu les fonds de tiroir (le syndrome du top10-ending), sachant qu'Aphex Twin, maître de l'IDM, ne sait pas lire une partition et n'est pas vraiment un spécialiste de la musique acoustique, mais j'avais bien envie de conclure sur une note électro. Aphex Twin a sorti il y a quelques années un excellent album, Drukqs, dans lequel il élargissait encore le spectre de sa musique, livrant au passage quelques pièces pianistiques très étonnantes, dont Avril 14th, réutilisé depuis dans la pub, au cinéma, et en fond sonore de la moitié des reportages phares de 50 minutes inside ou autre 100% mag. A écouter aussi : Kesson Dalef ou Nanou 2. Autant de petits hommages à cet instrument assez puissamment utilisé également chez les collègues Amon Tobin ou Xploding Plastix (ces deux derniers liens sont recommandés par la maison).

lundi 27 septembre 2010

Critique graphique de musique : Philippe Katerine, de Philippe Katerine

Il n'y a aucune raison que l'humanité soit privée de mon avis sur les dernières sorties musicales, donc je me lance aujourd'hui dans la critique d'albums. Par contre, comme je n'ai pas tellement envie d'écrire une review exhaustive, j'ai pensé qu'une simple "infographie" (mon savoir-faire en la matière étant ce qu'il est, j'insiste bien sur les guillemets) ferait amplement l'affaire pour commencer.

Philippe Katerine, l'album, est à l'image des précédentes oeuvres de Philippe Katerine : musicalement riche, parfois très inspiré, et drôle aussi, agrémenté de paroles surprenantes ("je me sens comme un sac en plastique"), voire outrageuses ("bonjour je suis la reine d'Angleterre et je vous chie à la raie"), mais souffrant par moments d'un jusqu'au-boutisme qui donne parfois le sentiment d'une sorte de vague arnaque ("Comment tu t'appelles ? Philippe. Comment tu t'appelles ? Philippe. Comment tu t'appelles ? Philippe. Comment tu t'appelles ? Philippe. Comment tu t'appelles ? Philippe"), faisant alors poindre l'ennui de l'auditeur médusé.

Et plutôt que de me lancer dans une longue description de chacun des titres, je préfère les placer sur un jouli graphique :


Bon ça vaut ce que ça vaut hein... Vous remarquerez quand même qu'il y a beaucoup de titres en haut à droite, ce qui signifie que cet album est globalement excellent, notamment Moustache, morceau que j'oserais presque qualifier de bergsonien, La reine d'Angleterre et son accompagnement a cappella, ou encore Musique d'ordinateur, variation étonnamment mélodieuse sur le son de fermeture de session de Windows XP. Au final, sur les vingt-quatre titres, deux bons tiers peuvent être classés comme du très bon Katerine (ça fait seize), le reste ne provoquera au mieux qu'un pouffement niais, au pire un profond agacement. Il n'en reste pas moins mon album de chevet du moment. Merci Philippe.

mardi 24 août 2010

Des chansons qui se ressemblent - Take 2

Parfois, il arrive que j'aie une tendresse particulière pour un de mes propres billets de blog. C'est le cas de celui-là, qui est le quatrième moins lu depuis le démarrage de ce blog (je n'ose révéler la donnée chiffrée, qui est assez terrifiante). J'ai donc décidé de le refaire, presque à l'identique, ce qui, en plus de lui donner une deuxième chance, constitue un mise en abyme tout à fait astucieuse puisque je parle de chansons qui se ressemblent dans deux articles qui se ressemblent, procédé que l'on peut qualifier d'assez sensationnel. N'est-ce pas ?

L'autre jour, en écoutant une compil Cinevox, je suis tombé sur un morceau étrangement familier. Je me suis dit "ce morceau est très connu, mais oui c'est Psyché Rock de Pierre Henry", m'étonnant qu'il puisse apparaître dans un album panachant des BO de films italiens des seventies (telles que celles-ci). Il n'en était rien puisqu'il s'agissait de Gli Angeli del 2000 de Mario Molino. Il se trouve que ce Molino, avant de faire fortune dans les plats cuisinés déshydratés*, a composé ce titre en 1969 alors que Pierre Henry et son mythique Psyché Rock étaient déjà écoutables en 1967.

Mais là où c'est drôle, c'est que l'année 1969 est également celle de la sortie de Z, le film de Costa-Gavras, et là encore la musique est étrangement similaire alors qu'elle est censée avoir été composée par Mikis Theodorakis, compositeur grec de son état. De la même manière on constate que la musique du générique de Futurama, excellente série de Matt Groening, emprunte les mêmes harmonies et les mêmes sons de cloches excentriques, dans une version remixée. Pour info, elle est l'oeuvre du compositeur Christopher Tyng (inconnu au bataillon).

Après quelques recherches, il se trouve que chacun des plagiaires revendique plus ou moins la paternité de Psyche Rock par rapport à leurs oeuvres respectives. Mais, fait plus étonnant, il semblerait que Pierre Henry ne soit pas sur la branche la plus basse de cet arbre musicogénéalogique puisque son morceau serait librement inspiré de Louie Louie, que les Kingsmen sortirent en 1963. C'est fascinant.


* non je blague, il s'agit bien évidemment de Bolino

mercredi 23 juin 2010

Top 10 des BO funky de films italiens méconnus des 70s

Voici un petit top consacré à ces nombreux films italiens des années 60/70 que personne n'a vu mais dont la musique est inoubliable. Dieu soit loué, de multiples compilations existent qui regroupent ces trésors sans qu'on ait à se taper les films (qui sont sûrement très cool par ailleurs, mais bof quand même), principalement sur le label Cinevox. Pour en écouter plus, ma playlist Spotify Italo-easy-tempo scores est en ligne.


1. Armando Trovajoli - Blazing Magnum (dans A Special Magnum for Tony Saitta) - 1976
Deux guitares funky, une ligne de basse limpide, un charleston actif et quelques cuivres pour foutre l'ambiance, voilà la recette de la BO idéale, qu'on entendra sûrement un jour dans un film de Tarantino. L'oeuvre d'un spécialiste, Armando Trovajoli, 200 soundtracks à son actif. Un maître.



2. Piero Umiliani - Love In (dans Ce monde si merveilleux et si dégueulasse) - 1971
Ce monsieur est surtout connu pour Mahna Mahna, thème original d'un faux documentaire érotique de 1968 sur les moeurs sexuelles suédoises (Suède, enfer et paradis, tout un programme), repris en France par Henri Salvador sous le triste titre Mais Non Mais Non. Mais on a tendance à oublier ses autres bandes originales parmi lesquelles celle-ci, dont je ne me remets toujours pas (cette basse !).



3. Stefano Torossi - Fearing Much (album Feelings) - 1975
Bon je triche un peu vu que ce titre n'est pas tiré d'un film mais je trouve qu'il le mériterait.



4. Luis Bacalov - Summertime Killer (Meurtres au soleil) - 1972
Titre hyper connu puisque réutilisé dans Kill Bill volume 2. C'est l'oeuvre de l'italo-argentin Luis Enriquez Bacalov, qui avait débuté comme arrangeur pour des chanteurs pop avant de commencer à composer pour le cinéma. Grand bien lui en a pris.



5. Armando Trovajoli - Masquerade (dans Le Fouineur) - 1969
Oui, d'accord, il est déjà premier du top, mais quand même. Ce morceau-là est fantastique aussi.



6. Stelvio Cipriani - La polizia sta a guardare (dans Le grand kidnapping) - 1973
Spécialiste des films policiers, Stelvio Cipriani l'est aussi dans l'emploi du clavecin, bigrement efficace dans ce morceau. La preuve, il a été réutilisé dans au moins trois films, Tentacules (1977), Boulevard de la mort (2007) ou encore le giallo français de ce début d'année, Amer (2010).



7. Goblin - Death Dies (dans Les frissons de l'angoisse) - 1975
Pour tout savoir sur Goblin, sa vie, son oeuvre et tutti quanti, mon article du 30 mai consacré à ce groupe mythique est toujours disponible ici.



8. Franco Micalazzi - Running away from Jerzy (dans Stridulum) - 1979
Ce film a une note moyenne de 2.9 sur imdb.com, mais rien que pour ce thème vif et sautillant joué par cette flûte folâtre, je trouve qu'il mériterait au moins 3.



9. Ennio Morricone - Città Violenta (La cité de la violence) - 1970
Incontournable. J'aurais tout aussi bien pu choisir ce thème étrange, ou ce thème sensuel, ou ce thème jovial. Ou bien d'autres.



10. Alberto Baldan Bembo - Kama Sutra (dans Codice d'amore orientale) - 1974
Un film érotique, je trouve que ça conclut bien une playlist. Je n'ai donc aucune honte à placer cette funky sitar happy killer track pour fermer la marche de ce top.

vendredi 18 juin 2010

Des chansons qui se ressemblent

En cette soirée de dépression footballistique, je m'autorise à poster un billet totalement freestyle, n'ayant aucun rapport avec l'actu ni aucune espèce d'intérêt. C'est juste pour partager cette illumination que j'ai eu récemment au cours de mes pérégrinations musicales sur Spotify. En effet il semblerait qu'en 1996, Chris Isaak ait pompé l'intro de La Grange de ZZ Top, qui avait déjà pompé en 1973 l'intro de Spirit in the sky de Norman Greenbaum (1969), qui était déjà très inspirée de On the Road Again de Canned Heat (1968). J'ai pas raison ?

NB : pour Chris Isaak je suis désolé, j'ai pas trouvé d'extrait de qualité plus pourrie.

jeudi 10 juin 2010

When you're strange : instructif mais plan plan

Les sorties cinéma en ce moment, c'est pas la joie. Entre le film de chien-chien trop mignon (Hatchi), la série B au pitch pas très frais (The Crazies) et la comédie qu'on n'attendait pas avec Marc Lavoine (Les meilleurs amis du monde), il ne nous reste qu'un bon vieux docu rock pour pleurer.

When you're strange parle des Doors, et c'est Johnny Depp qui raconte. Voilà pour le point de départ. Le premier piège est déjà évité : j'avoue que je n'ai pas vu le film d'Oliver Stone (The Doors), cependant j'ai un mauvais a priori sur les biographies romancées au cinéma et encore plus si cela concerne un de mes groupes favoris. J'aurais donc mal apprécié qu'un acteur hype du moment perde vingt kilos pour biopiquiser Jim Morrison, fut-ce sous la direction de Gus Van Sant.

Alors oui, d'accord pour un documentaire. Celui-là est très bien, on apprend des trucs, déjà. La chronologie de l'histoire du groupe est retracée dans le détail, les images d'archives (qui constituent la totalité du film) sont plaisantes, parfois inédites. La musique est parfaite (de fait). Le problème avec Tom DiCillo, c'est que son film reste toujours très factuel. Les extraits de Highway (moyen-métrage mystique de Jim Morrison tourné en 1969 et jamais monté) disséminés par-ci par-là ou la narration flegmatique de Johnny Depp ne suffisent pas à donner une vraie âme au récit. C'est pourtant la moindre des choses quand on s'aventure sur un tel terrain (les Doors quoi !).

Un passage sympa du film

Faute d'archives disponibles, on peut encore pardonner le peu de temps accordé au début du film à l'adolescence de son héros (pourtant cruciale à mon avis pour comprendre la suite de l'histoire). Les divers dérapages et pétages de câbles de Jim Morrison en revanche sont décrits dans le moindre détail, images à l'appui ("alors je vais vous montrer ma bite !"). Par contre on ne s'intéresse que poliment aux autres membres du groupes, pour mentionner par exemple que Robby Krieger (guitariste) kiffait le flamenco ou que les lignes de basses étaient jouées au clavier, mais quasiment jamais leurs rapports au sein du groupe ne sont évoqués si ce n'est à la fin du film pour justifier leurs divergences d'avec leur leader.

La profondeur du personnage de Jim Morrison est juste suggérée par bribes, extirpée de rares images d'interviews (qui représentent environ cinq minutes sur 1h30 de film) ou lorsqu'on nous parle très rapidement des travaux littéraires du chanteur (il était notamment très fier de la publication de ses recueils de poésie). Au final on regrette que toute l'attention du réalisateur soit portée sur les côtés trash du groupe et moins sur l'analyse de la naissance du mythe ou même de la musique elle-même, très brièvement évoquée en tout début de film.


Tom DiCillo s'essaie parfois à donner un point de vue à son film, mais tape souvent à côté de la plaque. Toujours très schématique dans son montage d'images et de musique, il se prend parfois à extrapoler les paroles des morceaux du groupe pour y voir des critiques de la guerre, de la violence, etc. Et se perd en considérations pour le moins simplistes qui nous valent notamment une séquence balourde à souhait superposant le chef d'oeuvre Riders on the storm à des images de guerre du Vietnam. C'est dans ces moments qu'on se rend le plus compte du peu de matière dont a disposé DiCillo pour faire son film. Quand on n'a pas d'image, il faut meubler. Voilà.

Malgré son côté Un jour un destin amélioré, When you're strange reste un documentaire instructif et profitable, qui a au moins le mérite de donner une furieuse envie de se replonger dans l'oeuvre immense des Doors. Ce que je m'en vais faire de ce pas.

dimanche 30 mai 2010

Top 10 des BO géniales de Goblin

Il y a un an et un jour, par une mauvaise coincidence de calendrier, je ratais le passage de Goblin à La Villette Sonique, groupe italien culte des années 70, très avare de prestations scéniques, et finalement assez peu connu du grand public. Ne doutant pas une seule seconde qu'il visite régulièrement ce blog (le grand public), je me dévoue pour réparer cette injustice et dévoiler au monde entier l'oeuvre géniale de ce groupe mythique.

Mais d'abord un peu d'histoire.

En 1972, en Italie, quatre jeunes zicos du nom de Claudio Simonetti (claviers), Massimo Morante (guitare), Fabio Pignatelli (basse) et Walter Martino (batterie) se trouvent une passion commune pour Genesis, King Crimson, Gentle Giant ou Emerson Lake and Palmer. Ils composent quelques morceaux et les transmettent à Eddie Odford, producteur de Yes, qui tombe sous leur charme et propose au groupe de s'installer à Londres. Le groupe, rejoint par un chanteur anglais Clive Haynes, remplace son batteur et se forme sous le nom de Oliver. C'est un fiasco, Oliver ne trouve pas son public et rentre en Italie, laissant sur l'île Clive Haynes et le remplaçant par Tony Tartarini. Le groupe est recruté par l'excellent label Cinevox sous le nouveau nom Cherry Five et commence à participer à quelques bandes originales de films du coin. Je signale au passage la richesse de la production soundtrackesque italienne de l'époque, à laquelle je consacrerai prochainement un nouveau top.

Le réalisateur Dario Argento aime le travail de Cherry Five et leur propose en 1975 de venir travailler sur son nouveau film Profondo Rosso. L'histoire commence. Emotion.


1. Profondo Rosso (Les Frissons de l'angoisse, Dario Argento) - 1975
La première vraie BO du groupe, qui en profite pour trouver son nom définitif (Goblin), est un chef d'oeuvre. L'album de la bande originale du film se vend d'ailleurs à un million d'exemplaires et reste 12 semaines consécutives en haut des charts. Goblin s'inspire d'abord des tauliers de l'époque en matière de BO (Morricone, Trovajoli, Bacalov, Umiliani, Cipriani, etc) et en tire le meilleur, pour en sortir des modèles du genre tels que ce Death Dies efficace ou ce Mad Puppet poseur d'ambiance :

Death dies


Mad puppet


Mais leur morceau de bravoure reste la musique d'ouverture du film. Une ligne de basse ravageuse, une mélodie éclatante à l'orgue et ce twist de mi-parcours souligné par une comptine oppressante font de ce générique un vrai petit court métrage. Mais un petit extrait vaut mieux qu'un long discours.




2. Suspiria (Dario Argento) - 1977
Argento, satisfait de leur prestation sur Profondo Rosso, fait de nouveau appel à Goblin pour son Suspiria, deux ans plus tard. Le film, n'étant pas un giallo tout à fait habituel, nécessite une bande originale singulière. Pas besoin d'en dire plus à Claudio et ses potes, qui ressortent de leur placard un vieux bouzouki chiné au fin fond de la Grèce, percussionnent au tabla indien une mélodie jouée au clavier célesta. Le tout, surélevé par des boucles synthétiques phasées et des murmures d'outre-tombe, finit de donner au film, déjà très réussi, toute sa dimension inquiétante et surréaliste.

Suspiria


Sighs


Death Waltz (car Goblin sait aussi faire du Nino Rota)




3. Buio Omega (Blue Holocaust, Joe D'Amato) - 1979
Une sympathique série B italienne à base de taxidermie humaine, l'occasion pour Goblin de renouer avec ses premières influences, Yes, Genesis ou ELP pour une BO à la fois disco et psychédélique.

Buio Omega




4. Zombi (Zombie, Georges A. Romero) - 1978
Après le succès de Profondo Rosso, Goblin est régulièrement sollicité pour recomposer les bandes originales de films américains pour les distributeurs italiens, c'est notamment le cas du film Martin de Georges Romero (cf no. 9). Impressionné par la qualité des morceaux de cette BO alternative, Romero fait appel à Goblin pour sa suite de La nuit des morts-vivants. Une bien belle idée.

Zombi


Zaratazom (car Goblin sait aussi faire du hard rock)




5. Tenebre (Ténèbres, Dario Argento) - 1984
C'est les années 1980, des groupes comme Kano illuminent les dance-floors italiens avec des titres comme Another Life. Goblin sait faire ça aussi, mais quand Goblin le fait, c'est en mesures asymétriques (en 5 temps pour être précis) absolument indansables mais Goblin s'en fout, c'est pour un film. Le thème principal de Ténèbres sera d'ailleurs samplé 25 ans plus tard par Justice (en métrique binaire cette fois) pour leur titre Phantom.

Tenebre


Reprise




6. Phenomena (Dario Argento) - 1984
Le premier grand rôle de Jennifer Connelly à 14 ans. Et une énième collaboration avec Argento pour un Goblin en roue libre qui couple une voix morriconienne à un accompagnement beaucoup plus eighties. Bizarre mais cool.

Phenomena




7. Alien Contamination (Contamination, Luigi Cozzi) - 1980
Un film d'horreur futuriste italo-allemand avec Ian McCulloch. 5,1/10 sur l'IMDb. Voilà tout ce que je sais de ce film. Mais la musique est bien.

Connexion


Withy




8. Squadra Antigangsters (Bruno Corbucci) - 1979
Jusque-là on aura pu lire que Goblin est visionnaire, que Goblin est génial, que Goblin sait tout faire. J'ajouterai ici que Goblin n'a peur de rien, composant une BO disco-ragga-WTF pour un film de gangsters humoristique, deux ans après Suspiria.

Banoon


Disco China


The Sound Of Money (feat. Asha Puthli)




9. Wampyr (Martin, Georges A. Romero) - 1976
Je n'ai pas vu ce film donc voici un pitch trouvé sur youtube (à lire en écoutant le morceau, on s'y croirait) : "Martin est un jeune homme timide et puceau qui prend son pied en buvant du sang. Résolument moderne, ce vampire n'a pas les dents longues et endort ses victimes en leur injectant de quoi dormir avant de les trancher au rasoir afin de s'abreuver. Hébergé chez un vieux cousin pro-catho fanatique qui ne cesse de l'appeler Nosferatu, le pauvre se sent incompris et explique tant bien que mal que ses gousses d'ail et autres chapelet sont inutiles. Ce que le vieux ne semble pas piger."

Finale




10. La chiesa (Sanctuaire, Michele Soavi) - 1989
Cathédrales gothiques, groupes sataniques, chasseurs de sorcières et Asia Argento, tout un programme que ce film de 1989 musiqué en circonstance.

La chiesa

samedi 8 mai 2010

Top 10 des reprises/remixes conceptuels

Le groupe Phoenix vient de réussir à remixer Grizzly Bear et Eno sans toucher une seule machine (cf. n°1 du top), je me suis donc mis en quête de tous ces gens qui ont cherché de nouveaux concepts pour faire de leurs covers quelque chose de vraiment unique, superbe ou atroce. De l'humour, de l'imagination, du concept, de la sottise ou du génie à l'état brut, vous trouverez de tout dans ce top 10 exceptionnel, tour d'horizon de tout ce qu'un artiste est capable de faire en réutilisant le travail des autres.

1. Phoenix remixe Canon In D de Brian Eno ET Foreground de Grizzly Bear
Le concept : Trouver deux morceaux aux mêmes harmonies et laisser à l'auditeur le soin de les mixer lui-même. (lancer les deux players l'un après l'autre avec n'importe quel intervalle, ça devrait de toute façon donner quelque chose de joli)



2. Air remixe 30 millions d'amis de Jack Arel
Le concept : Partir du générique TV le plus naze du monde et en faire un tube psychédélique


3. Delpech Mode reprend Shake the Disease de Depeche Mode ET Pour un Flirt de Michel Delpech
Le concept : La musique de Depeche Mode + les paroles de Michel Delpech + un clip débile
A voir aussi : Enjoy le Loir-et-Cher, Smells like Tata Yoyo



4. Dusto McNeato reprend Take On Me de A-ha
Le concept : Prendre un clip un peu kitsch des années 80 et remplacer les paroles habituelles par une description exhaustive (et hilarante) des images.
A voir aussi : Head over Heels, China girl



5. Michel Sardou et Laurent Wolf reprennent Etre une Femme de Michel Sardou
Le concept : Reprendre un vieux titre ringard de soi-même et tenter vainement d'en faire un tube dancefloor
Le lien : ici


6. Maxence Cyrin reprend Don't you want me de Félix
Le concept : Transcrire au piano des classiques de la musique électronique et montrer au monde entier que les artistes électro sont d'abord des musiciens de génie.
A écouter aussi : D.A.N.C.E., Around the world, Windowlicker



7. One-T plagie Ma-Hra de Modry Efekt
Le concept : Piquer une dizaine de samples dans une chanson incroyable d'un groupe tchèque inconnu et en faire un album entier.
Le titre original :
Des extraits de l'album :


8. Alain Chabat et Gérard Darmon reprennent The Carioca de Vincent Youmans
Le concept : Faire un film et danser la Carioca vers la fin sans raison particulière.


9. Aphex Twin remixe Heroes de David Bowie ET Heroes de Philip Glass
Le concept : Trouver deux morceaux qui n'ont rien à voir mais qui ont le même titre, puis en faire un savant mélange.



10. Serge Gainsbourg reprend Mon légionnaire de Edith Piaf
Le concept : Etre génial.

samedi 1 mai 2010

Top 10 des artistes réjouissants en concert ces jours-ci

Je trouve que ce blog parle vraiment trop de cinéma alors que j'aime plein d'autres trucs dans la vie. La musique par exemple. Alors voilà une liste de concerts auxquels je serai ravi d'accompagner quiconque me le proposera.

1. Rodrigo y Gabriela
Le 19 novembre au Zénith de Paris.
Non la guitare acoustique n'est plus le seul apanage de Francis Cabrel et des Gipsy Kings. Rodrigo et Gabriela sont comme des dieux de la musique descendus sur Terre pour redonner ses lettres de noblesse à la vraie bonne guitare mexicaine comme on l'aime. Et en live ça doit envoyer du sacré bois. Voici un petit morceau pour s'en convaincre.



2. General Elektriks
Le 3 mai à l'Olympia.
Il ne doit plus rester beaucoup de places (le 3 mai c'est lundi) mais le dernier album de ce monsieur, Good City For Dreamers, est à mon avis ce qu'on a entendu de plus frais sur la scène française en 2009. Un album tellement riche qu'on peut l'écouter dix fois de suite sans jamais se lasser. Et en plus le clip de son tube, Take Bake The Instant, est vachement bien branlé.



3. Alan Parsons
Le 1 juin à l'Olympia.
Ben ouais, Alan Parsons c'est quand même une star, ce qui justifie presque le tarif prohibitif des places à l'Olympia (dans les 90 euros). Après avoir collaboré à des albums mythiques (Abbey Road des Beatles, Atom Heart Mother et surtout The Dark Side of The Moon des Pink Floyd), Alan Parsons a créé avec Eric Woolfson (décédé fin 2009 hélas) The Alan Parsons Project en 1976, groupe passionnant à qui l'on doit, outre le tube Eye in the sky, des morceaux super cool comme Sirius, Lucifer, I Robot ou Mammagamma. Et voilà Alan en concert tout seul le 1er juin à Bercy. Moi je dis que ça peut le faire.


Oui d'accord, ça a un peu vieilli, mais quand même j'aime bien


4. Air
Le 1er, 3 et 4 juin à la Cité de la musique et le 6 juin salle Pleyel.
Leur dernier album a beau être moins exceptionnel que les précédents, Air reste l'un de mes groupes préférés de tous les temps de l'univers. En plus leurs premières parties sont pas dégueu (Au Revoir Simone, Hot Rats, Jarvis Cocker). Ahh la femme d'argent...



5. Aphex Twin
Le 15 mai au Centre Pompidou de Metz.
Eh oui le pape de l'électro, le taulier de Warp Records, l'homme aux 1000 pseudos, ce galopin d'Aphex Twin vient en France pour un set exclusif, mais à Metz (Moselle), pour l'inauguration de leur Centre Pompidou. Voilà...
Consolons-nous en reécoutant une de ses oeuvres les plus illustres, Windowlicker, mise en images par le vidéaste psychopathe Chris Cuningham.

Le clip de Windowlicker, un des grands traumatismes visuels de mon adolescence


6. Supertramp
Le 18 octobre 2010 à Bercy.
Supertramp a 40 ans et a calé trente-cinq dates de tournée dont six en France. L'occasion d'écouter enfin "en vrai" ces chefs-d'oeuvres que sont The Logical Song, School, Goodbye Stranger, It's raining again, Take the long way home et tout le reste. Mais sans son ex-chanteur jésuïforme Roger Hodgson, est-ce que ce sera aussi bien ? Sinon celui-ci tourne également en solo.



7. Roxy Music
Le 2 juillet au festival de Montreux.
Brian Ferry, chanteur pop farfelu + Brian Eno, expérimentateur génial + Phil Manzanera, Andy McKay et Paul Thomson, trois musiciens pas manchots = Roxy Music. Le groupe revient pour une tournée de dix dates, sans Eno, mais avec des chansons pas piquées de hannetons. L'une des grosses affiches du festival de Montreux qui, toujours aussi bien pourvu, accueillera également cette année des gens aussi divers et intéressants que Phil Collins, Jamie Lidell, Air, Brad Mehldau, Billy Idol, Massive Attack, Paco de Lucia, Keith Jarrett ou Mark Knopfler.



8. MGMT
Les 7, 8 et 9 octobre au Bataclan.
Il paraît que MGMT en live c'est du lourd, j'y crois à mort. Même si leur dernier album Congratulations ne m'a pas (encore) transporté, les trois concerts du mois d'octobre peuvent être de grands moments.

Le clip lyncho-cronenberggien de Flash Delirium, le dernier single de MGMT


9. Stevie Wonder
Le 1er juillet à Bercy.
A voir une fois dans sa vie. Enfin je dis ça en n'ayant jamais vu...



10. Muse
Les 11 et 12 juin au Stade de France.
Quoi qu'on en dise, c'est quand même le meilleur groupe de rock des années 2000. Curieux de voir ce que peut donner leur dernier album sur scène.

samedi 10 avril 2010

Top 10 des super morceaux pervertis par la pub

Il était une fois, je regardais la télé. C'était la pub. Effondré sur un canapé, je laissais passer sous mon regard indifférent des images successivement cocasses, attrayantes, ineptes. L'éternelle greluche de chez Bourgeois avait tout juste terminé de parler de ses aisselles quand soudain, des harmonies familières me sortirent de ma torpeur.

Mais oui... cette mélodie... c'était bien lui... Amon Tobin ! Le dieu de la musique, mon idole : écouter un de ses morceaux, fermer les yeux, laisser place à une douce mais intense rêverie, laisser se déployer un imaginaire tout entier de lui-même, sans effort, par la seule puissance de l'excellence rythmique, harmonique, artistique, cela ne se produira plus. Désormais chaque fois que j'entendrai ce titre, Four Ton Mantis, c'est à une unique chose que je penserai : la Nissan Qashqai. A la fin du morceau, j'irai me coucher, désabusé, et je pleurerai sur mes draps ces années révolues où la musique d'Amon Tobin était encore immaculée. Et je penserai à mon rêve brisé, mes visions fantasmagoriques supplantées par celle d'une triste voiture grise, ma vie ruinée par Nissan.

Cette fois c'en était trop, je pris la résolution de lister les plus grands détournements télévisuels qu'ont dû subir des oeuvres musicales majuscules dans l'unique objectif de vendre des forfaits internet, des voitures en promo, des journaux de droite ou des rasoirs jetables. Quitte à devoir entendre ces morceaux à un endroit où on ne les attend pas, les voici aujourd'hui, maintenant et ici-même, dans le top 10 des super morceaux détournés, spoliés, dénaturés, pervertis par la publicité. A noter que la plupart des spots qui en sont issus sont plutôt intéressants à regarder, mais c'est pas une raison.

1. AMON TOBIN - Four Ton Mantis (Nissan Qashqai)
Puissance intrinsèque du morceau : 200 W
Puissance de martelage de l'annonceur : 30 W


2. ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA - Mr Blue Sky (SFR)
Puissance intrinsèque du morceau : 80 W
Puissance de martelage de l'annonceur : 140 W


3. DIMITRI CHOSTAKOVITCH - Suite Jazz n°2, Valse n°2 (CNP)
Puissance intrinsèque du morceau : 100 W
Puissance de martelage de l'annonceur : 80 W


4. ENNIO MORRICONE - L'Estasi Dell'Oro (GDF Suez)
Puissance intrinsèque du morceau : 110 W
Puissance de martelage de l'annonceur : 40 W


5. DJ SHADOW - Mongrel Meets His Maker (Bouygues Telecom)
Puissance intrinsèque du morceau : 60 W
Puissance de martelage de l'annonceur : 80 W


6. PHILIP GLASS - Pruit Igoe (BMW)
Puissance intrinsèque du morceau : 90 W
Niveau de martelage de l'annonceur : 40 W


7. RÖYKSOPP - So Easy (Club Internet)
Puissance intrinsèque du morceau : 60 W
Puissance de martelage de l'annonceur : 70 W


8. VENUS - Beautiful Days (Le Figaro - Peugeot)
Puissance intrinsèque du morceau : 70 W
Puissance de martelage des annonceurs : 50 W


9. WIM MERTENS - Often A Bird (L'artisanat)
Puissance intrinsèque du morceau : 70 W
Puissance de martelage de l'annonceur : 50 W


10. ANDREAS JOHNSON - Glorious (Nutella)
Puissance intrinsèque du morceau : 50 W
Puissance de martelage de l'annonceur : 70 W

mardi 30 mars 2010

Mon mois de mars en musique

Retour de deux pointures pop, découverte d'un groupe inconnu qui le restera sûrement et french-touch des années 2010.

Gorillaz - Stylo (Plastic Beach)


MGMT - Flash Delirium (Congratulations)


Pretty Lights - Still Rockin (Making up a Changing Mind)


Fortune - Highway (Staring at the Ice Melt)



Sinon, ça c'est pas vraiment de ce mois-ci mais j'avais envie de le mettre aussi, et comme je fais ce que je veux sur mon blog, prends-toi ça :
François de Roubaix - La scoumoune


(qu'ils sont jolis ces players... on arrête pas le progrès)