Un réalisateur qui arrive à réunir Scott Walker, Glass Candy, Richard Wagner et les Pet Shop Boys dans une même BO ne peut pas être un tâcheron, Nicolas Winding Refn l'a fait en 2009 dans Bronson, un film chiant comme la pluie, insensé et impitchable (mention spéciale au synopsis d'Allocine.fr en passant), mais avec une certaine liberté formelle qui m'a laissé quelques espoirs sur ce réalisateur danois.C'est donc avec bienveillance que je me rends voir le Guerrier Silencieux, mon premier film de Vikings, peu de temps après avoir vu Aguirre de Werner Herzog, auquel ce film est souvent comparé.
Dès les premières minutes, on comprend que le Guerrier Silencieux n'évolue pas tout à fait dans le même registre. En une poignée de secondes, on assiste à une demi-douzaine de décès de mort violente (étranglement à la corde, étripage à mains nues, défonçage de crâne à la massue) et souvent très sonore (le bruit d'une épée qui tranche une gorge ne fait plus shling mais scroutch, comme un peu toutes les armes aperçues dans le film aussi diverses soient-elles). Le décor est planté, cheveux longs, blonds et ébouriffées, armures sobres mais fonctionnelles, poisson pas frais dans l'écuelle, nous sommes au pays des Vikings, et One-Eye, le guerrier silencieux, après avoir tué la moitié du casting, vient d'échapper à sa captivité, emmenant avec lui un enfant, Are, qui lui sert de porte-parole (car One-Eye est muet, en plus d'être borgne - Nicolas Winding Refn n'est d'ailleurs pas avare de gros plans sur ce qui reste de son oeil).
Au cours de leur périple, les deux protagonistes rencontreront des Vikings chrétiens qu'ils accompagneront dans leur voyage pour la Terre Promise.
Alternant scènes de tueries ultragores et scènes contemplatives visuellement réussies mais cent fois trop longues, NWR tente d'apporter une dimension psychologique (ou métaphysique, au choix) à son film en glissant par-ci par-là quelques plans incongrus aux couleurs écarlates. Attention au spoiler dans deux lignes. Le jeu d'acteur de Mads Mikkelsen reste au râs des paquerettes (aucune expression, pas un mot à prononcer du film) et quelques séquences manquent de sombrer dans le ridicule par leur prétention, parmi lesquelles on peut compter la scène concluant le film, où One-Eye se laisse tuer sauvagement par une tribu d'Indiens (!) sortis de nulle part, abandonnant Are à son triste sort (tout seul).
Malgré le soin apporté à l'image et à la bande son, que je salue, je ne suis donc pas convaincu par le nouveau film de Nicolas Winding Refn, et je confirme donc mon fort pressentiment quant à la santé mentale de Philippe Rouyer qui ose écrire dans Positif et répéter chez Beigbeder que Le Guerrier Silencieux est au film de Vikings ce que 2001 est à la science fiction. J'aimerais qu'on m'explique ça (ça vaut aussi pour Orange Mécanique / Bronson).


6 commentaires:
Pas du tout d'accord avec cette critique... Premierement une remarque : L'apparition d'Amerindiens n'a rien d'insensé, puisque les Vikings sont, et c'est aujourd'hui avéré, allés en Amérique bien avant Colomb.
Pour ce qui est du film, je trouve qu'il n'a rien de chiant, et se rapproche d'ailleurs sous quelques aspects du cinéma de Kubrick, ne serait-ce que par la présence d'un monolithe. J'ajouterai que les plans "incongrus aux couleurs écarlates" se retrouvent chez le Kubrick de 2001. Si l'auteur connaissait un peu peu la filmographie de ce Réalisateur, il ne trouverait pas si idiote la comparaison de Rouyer.
De plus, le jeu de Mikkelsen est loin d'être mauvais, il est tout intérieur et intense. D'ailleurs les plans "incongrus aux couleurs écarlates" sortent de son esprit et sont des sortes de visions du futur (Le personnage peut etre une incarnation D'Odin, borgne et visionnaire).
On dirait que l'auteur de cette critique est bercé par le cinéma conventionnel et ne cherche pas vraiment loin, c'est dommage.
Bon visiblement on n'est pas d'accord, mais chacun son avis.
Pour la comparaison de Philippe Rouyer, je précise que je connais très bien mon Kubrick, en particulier 2001. Dans 2001, les images psychédéliques apparaissent dans le dernier tiers du film, et tout le film fait en sorte de préparer son spectateur à voir ce type d'images, ce qui n'est pas le cas du Guerrier Silencieux. Voilà pourquoi j'utilise le terme "incongru". En gros, on se demande ce que ça vient faire là. Et en ce sens je ne retrouve pas du tout 2001.
Sinon je ne comprends pas bien le concept de "jeu intérieur". Qu'il soit intérieur ou nul, le résultat est le même : il ne se voit pas à l'écran.
Enfin, je ne suis pas bercé par le cinéma conventionnel (d'ailleurs c'est quoi le cinéma non-conventionnel ?), je me suis juste beaucoup ennuyé devant ce film.
Alors d'accord, c'est sur que c'est chacun son avis, j'y suis peut etre allé fort.
Je comprends que ce film ne puisse pas etre tres apprécié.
Bon sinon, tres bon blog même si je suis pas d'accord avec tout niveau cinéma !
Si je peux conseiller un film... Un homme qui crie, film africain de Mahamat Saleh-Haroun, tres tres tres bon
Pour ma part, je suis entièrement d'accord avec cette critique. Ce film est à des lieues de Aguirre , qui avait entr'autre la chance de compter sur un Kinsky que je ne retrouve pas ici. Le jeu de Mikkelsen est correct, sans plus. Je n'y vois pas de redéfinition du film viking et le seul lien avec Kubrick serait, comme le dit Nathan, la présence d'un monolithe. J'ai écouté jusqu'à la fin mais sans apprécier vraiment. Enfin c'est mon avis.
Ce film est complètement génial.
Que ce soit le rythme (que les plus bornés refusent d'apprécier), l'image et le son. Les acteurs sont somptueux et les décors parfait.
l'ambiance évolue entre Dead Man et Aguirre. Comme dans ces films certaines scènes sont plutôt sanglantes ; cela est bien entendu évident puisqu'il s'agit d'une histoire de guerriers viking (c'est pas Sisi l'impératrice, ou alors vous vous êtes trompé de salle).
les acteurs donnent dans le registre nordique tendance bergman. C'est pas la Comédia D'elle arte, et quel souffle. Pas de chichi, un acteur debout immobile qui n'ouvre pas la bouche est un acteur qui acte. Je ne peut imaginer ce que les critiques de Mikkelsen pourrait imaginer... peut être simplement de faire un autre film... Bref cela est ridicule, Mikkelsen est très bon, mais aussi tous les autres acteurs notamment Gary Lewis.
L'histoire est peuplé de méandres ou se perd votre imagination, qui ne cesse de chercher a créer du sens en comblant des vides. Y aurait'il du Lynch chez Winding Refn ?
Vous y verrez ce que vous voudrez, une demi seconde j'ai pensée à l'Enfance d'un chef de Valli, mais No Country for Old Men me reste en tête. J'avoue que j'apprécie ces films ou les dernières images vous laisse douter du personnage principal... Mais ce type est'il vraiment le héros ou bien plutôt celui-ci ? La mort ne se serait elle pas incarnée pour une dernière danse. Dernière danse avant quoi ? ...
Moultes questions assaillent ma petite cervelle et différencie définitivement ce film de Conan le Barbare. Peut être que Conan aurait été au niveau s'il avait été confié aux bons soins de Pasolini.
Heu, je ne suis pas vraiment d'accord sur un point, il ne laisse pas l'enfant seul à la fin, il se sacrifie pour lui...
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