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dimanche 11 avril 2010

Le Choc des Titans, mission accomplie

Le voilà le film de la semaine, un bon péplum comme on les aime. Dans un champ d'action où récemment un film comme Agora se laissait aller à une sorte de méditation raseuse, Le Choc des Titans s'affranchit de toute tentative de sous-texte : on est là pour s'amuser, voir des dieux barbus, des monstres fabuleux et des têtes coupées, et ça Louis Leterrier et ses copains l'ont compris.

Porté par l'imagerie mythologique et les récits légendaires que l'on connaît, le scénario se déroule de lui-même, sans surenchère dramaturgique. Pas de sentimentalisme niais, si ce n'est par petites touches (la fin notamment n'échappe pas à un certain conventionnalisme bébête), pas de morale à la mords-moi-le-noeud, juste du pur divertissement.

Je n'ai pas vu le film de 1981 et il est possible que ceux qui le connaissent soient déçus par cette nouvelle version qui n'ajoute sûrement pas grand chose à celle de Desmond Davis, mais moi qui venait là pour un simple spectacle, j'ai eu ce que je voulais. Des effets spéciaux à gogos, une rixe clownesque entre frères dieux (plaisir de revoir une opposition entre Liam Neeson gentil et Ralph Fiennes méchant dans un registre un peu plus funky), des scorpions géants, et même un sabre laser, tout ça, c'est dans Le Choc des Titans. Et c'est ça qu'on voulait voir. En attendant Prince of Persia, je pense qu'on tient notre défouloir concon de l'année.

Par contre, inutile de dépenser trois euros de plus pour des lunettes 3D, cela n'apporte pas un grand intérêt au film.

samedi 20 mars 2010

Alice au pays des merveilles, c'est pas bien

Et pour vraiment inaugurer ce superbe blog, rien de tel qu'une belle critique de film.

Je ne suis pas le fan n°1 de Tim Burton mais, comme ça, je dirais au moins le n°50.000, ce qui est somme toute une place honorable. Je considère comme des chefs-d'oeuvre des films comme Beetlejuice, Edward aux mains d'argent, Batman & Batman le défi, L'étrange Noël de Mr Jack, Ed Wood, et même Sweeney Todd, dont les mauvaises chansons n'ont pas réussi à me dégrader le plaisir de découvrir le retour aux sources de mon idole Tim. C'est pourquoi je me rends en général au cinéma avec un a priori positif quand c'est pour aller voir un de ses films.

Les circonstances étaient un peu différentes pour Alice. La pesante estampille de Disney aperçue dans la bande-annonce ne présageait rien de bon, et malgré le fameux Sweeney Todd de 2008, la précédente décennie de Tim Burton a globalement été une série d'échecs : gros navet en 2001 (La planète des singes), guimauve sympathique mais qui casse pas des briques en 2003 (Big Fish), adaptation de Roald Dahl semi-foireuse en 2005 (Charlie), Mr-Jack-like en moins bien en 2005 (Corpse Bride).

Alors là c'est quoi ? Pitch : Alice, une jeune blonde, se voit imposer un mariage avec un rouquin antipathique par ses parents. Au moment fatidique de la demande en mariage, Alice se sauve et suit un lapin blanc dont on ne saura jamais finalement qui il était, pourquoi il était là et finalement on ne saura pas non plus ce qu'il venait faire dans l'histoire, comme un peu tous les personnages du film. Bref Alice se retrouve au pays des merveilles, boit et mange, grandit et rétrécit en conséquence, radote toutes les cinq minutes "hey mais je suis dans un rêve ou quoi là ?", rencontre plein d'animaux qui parlent, de gens tout bizarres parmi lesquels Johnny Depp et Helena Bonham Carter, tentant d'être drôles avec ce qu'on leur donne à déclamer (des répliques pas drôles).

Pas de scénario, pas d'humour, la scénariste de La Belle et la Bête n'a pas été très inspirée pour Alice. Partant de là, Tim Burton semble s'être évertué à peindre un univers fantasmagorique plutôt réussi, si on excepte certains personnages en image de synthèse plutôt pénibles à regarder (Tweedledum & Tweedledee). La gestion de la 3D est également plutôt réussie, plus démonstrative et donc plus impressionnante que celle d'Avatar par exemple.

C'est à mon avis tout ce qu'il restera de ce film bancal, qui plaira sûrement aux enfants, et qui aura probablement son succès, ce qui permettra (j'espère) à Tim Burton d'imposer son propre imaginaire pour son prochain film, plutôt que de massacrer des classiques de la littérature enfantine.

C'est dit.