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samedi 13 août 2011

Les maillons faibles de l'humour français

Bonjour cher lecteur,

Pour aujourd'hui j'ai décidé de dresser la liste des 23 plus mauvaises comédies du cinéma français ces dernières années. Et j'ai décidé d'en désigner les responsables. Ceux qui sont toujours là quand le film est nul à chier. Ceux dont on finit par se dire "Quoi ? _________ est dedans ? ... Bon on va voir autre chose."

Les voici, les voilà, les MAILLONS FAIBLES DE L'HUMOUR FRANÇAIS.

(cliquer sur l'image pour voir cette superbe infographie sous son meilleur jour)

jeudi 16 décembre 2010

Top 10 des bandes originales superbement incongrues de Vladimir Cosma

A l'heure où l'on vient de nommer cinq des plus mauvais films de l'année dans la catégorie Meilleure comédie des Golden Globes (j'exagère À PEINE), j'ai décidé (un peu inconsciemment) que la coupe était pleine et qu'il était temps de rendre hommage au vrai cinéma comique bien de chez nous, celui de Gérard Oury, Claude Zidi et autres Francis Veber.

Après mon petit laïus d'il y a quinze jours sur l'excellente autobiographie de ce dernier, j'ai maintenant envie de m'atteler à un autre gros dossier. Car que seraient tous ces gens-là sans l'apport incontournable de Vladimir Cosma, compositeur d'origine roumaine bi-césarisé, une fois pour la BO de Diva de Jean-Jacques Beineix, l'autre pour Le Bal d'Ettore Scola ? Je vous le demande.

D'ailleurs ce n'est pas de ces oeuvres-là dont je veux parler. Pas même de Reality, chanson-phare de La Boum, et encore moins de la non moins mythique chanson de Guy Marchand, Destinée, dont Cosma est le compositeur. Car là où Vlad a excellé en silence, sans recevoir jamais une seule récompense digne de ce nom, c'est dans la musique de comédie, y incorporant à chaque fois sa touche personnelle, une flûte de pan, un cymbalum ou un joyeux pipeau ; une audace constante qui fait de lui, non je n'ai pas peur de le dire, une sorte d'Ennio Morricone français. Oui madame.


1. L'aile ou la cuisse
Voilà un morceau qui synthétise parfaitement tout l'art de Vladimir Cosma. Ça commence comme un Te Deum de Charpentier, mais cette effusion classique est bien vite oubliée avec cette succession d'anachronismes à la fois ridicules et fabuleux, à base de voix féminines, de lignes de basse minimalistes et de hi-hats batifolants. Un ensemble génialement grotesque qui sied bien au film qu'il illustre, ce chef-d'oeuvre de Claude Zidi incarné par Coluche et Louis de Funès.



2. Clérambard
Avant d'illustrer une insupportable pub Ricoré de 2004, ce morceau intitulé Les demoiselles de province figurait dans la bande originale de Clérambard, un film d'Yves Robert avec Philippe Noiret (1969). Mais écoutez de plus près la finesse de l'arrangement, cette mélodie jouée par ce que je pense être une variété de kazoos, posée sur une basse funky, un beat énergique et un accompagnement cuivré tout à fait dans le style de ce qui se faisait dans les films de gangsters italiens à la même époque (Morricone tout ça).



3. Le Placard
Bon, Le Placard, on aime ou on n'aime pas le film (moi j'aime) mais il faut quand même admettre que ce thème principal est proche de la perfection, et aurait très bien pu accompagner un film de Fellini sans qu'on fasse la différence avec son compositeur habituel, Nino Rota (qui est une de mes idoles, soit dit en passant). J'ai créé un compte soundcloud rien que pour ce morceau, faites-lui honneur.



4. Le dîner de cons
On a tendance à l'oublier mais s'il est vrai que le scénario du Dîner de cons a quelque chose d'éblouissant, au même titre que la performance de ses acteurs, c'est aussi le cas de sa bande originale. Il semble que Vladimir Cosma ait vécu à la fin du XXe siècle une sorte de révélation reinhardtienne car sa composition pour le Dîner de cons dénote d'influences manouches aussi impromptues que surprenantes, maîtrisées à la perfection (retrouvées plus tard dans différents titres de la BO du Placard d'ailleurs). Mais l'adepte du mélange de styles qu'est notre ami Vlad ne s'arrête pas là et balance une orchestration classique du plus bel effet. Et ça donne ça :



5. Les aventures de Rabbi Jacob
Là encore tout y est, la basse délicatement slappée, les cuivres, les cordes, les voix, et la mélodie qui claque. C'est tout.



6. Les compères
En 1983, Vladimir Cosma avait déjà un peu tout fait. Mais pas encore un thème principal siffloté comme quand on va à la pêche entre potes. C'était parfait pour Les Compères, encore un excellent film de Francis Veber. D'ailleurs si tu z'aimes les musiques de films avec un mec qui siffle dedans, tu peux aussi consulter ce top 10 spécial "thèmes de films avec un mec qui siffle dedans".



7. Banzai
Je ne sais pas si Vladimir Cosma s'est drogué dans sa vie, mais s'il l'a fait, je pense qu'il a composé cette BO dans un sacré trip. C'est donc une sorte d'hymne funky accentuée de scintillements japanisants et de scansions vigoureuses qu'il offre à Claude Zidi pour son film Banzai, en n'oubliant pas les curieux solos de violon ou de flûte orientale qui jalonnent le morceau. Sinon le film était marrant, un peu.



8. La chèvre
Comme dirait Vincent Perrot, une musique peut ressembler à un acteur. C'est pour ça que désormais, chaque fois que j'entends une flûte de pan, je ne peux m'empêcher de penser au visage jovial et épanoui de Pierre Richard dans La Chèvre, excellentissime film de Francis Veber.



9. Inspecteur La Bavure
Je n'ai pas grand chose à dire sur la BO de cette oeuvre de Claude Zidi (encore lui), donc je vais plutôt parler du film, que je n'ai pas vu depuis longtemps d'ailleurs ; mais je me souviens très bien qu'au début Depardieu est brun et il a une moustache et comme c'est un méchant il change de visage pour ne pas se faire griller et devient le Depardieu avec la tête que l'on connaît (blond et sans moustache) et personne ne le reconnaît alors que quand même la différence est assez faible. Et sinon il y a aussi Coluche dans le film. Film sympa, au demeurant.



10. Le grand blond avec une chaussure noire
Celle-là je trouve que tout le monde l'a assez entendue mais je l'aime quand même. Je conseillerais néanmoins à mes chers lecteurs de jeter une oreille du côté des bandes originales du Jouet, du Distrait, de Je suis timide mais je me soigne... Ou mieux, de s'acheter le coffret en deux volumes (bientôt 3) de l'intégrale des BO de Vladimir Cosma. Ou mieux, de me l'offrir pour Noël. Vous ne le regretterez pas.

lundi 15 novembre 2010

Critique : The Dinner, de Jay Roach

Sorti dans 9 salles en France, The Dinner est visiblement boudé par les distributeurs. On peut le comprendre car en plus d'être le remake d'une des meilleures comédies françaises du XXe siècle (ce qui est un sérieux handicap), c'est tout simplement un mauvais film, dont les scénaristes n'ont visiblement rien compris à l'intelligence du scénario original de Francis Veber.

Car mises à part quelques situations qui tiennent plus lieu de clin d'oeil, le scénario du Dîner de Cons a totalement été remanié pour ce film. Celui de Veber se déroulait presque intégralement dans un appartement alors que celui de Jay Roach est beaucoup plus volatil, et ce sont deux jours entiers que le Brochant américain passe à être torturé par ce Pignon artiste-taxidermiste proche de l'encéphalogramme plat.

La première erreur du script à mon avis, c'est qu'ici le méchant Mr Brochant s'est transformé en un gentil cadre dynamique que ses salauds de patrons forcent à participer à un dîner de cons en vue d'une promotion (idée de départ complètement nulle, soit dit en passant). Du coup, on est presque gêné de voir ce pauvre Paul Rudd vivre un enfer à cause de ce con vraiment très con joué par un Steve Carell vraiment très lourd, sans aucune retenue.


Partant avec un déséquilibre aussi grand, le film est obligé de se ramasser. Et malgré quelques moments drôles (la blague de Morgan Freeman, vue dans la bande annonce), voire poétiques (l'idée des petites maquettes de souris empaillées), il est très difficile de rire aux pitreries incessantes de Steve Carell, et encore moins d'un Paul Rudd dont le personnage est totalement délaissé.

Heureusement, quelques seconds rôles sauvent le film du naufrage complet, notamment Zach Galifianakis (encore lui) assez fort en inspecteur des impôts psychotique, ou Jemaine Clement qui après Gentlemen Broncos s'impose comme un expert absolu pour jouer les stars underground ravagées.

Tout cela n'est pas suffisant pour faire de ce Dinner un film agréable, d'autant qu'il aura enlevé à l'original toute sa subtilité et sa méchanceté.

vendredi 12 novembre 2010

Critique : Date limite, de Todd Phillips

Après avoir triomphé en salles avec Very Bad Trip, Todd Phillips revient cette semaine avec Date Limite, s'attaquant à un genre pas si facile, le buddy-movie (preuve dans The Dinner, sorti cette semaine aussi). Depuis la sortie du film, on lit parfois la critique entrevoir une filiation avec le maître français du genre, Francis Veber (scénariste de L'emmerdeur et réalisateur de La Chèvre, Les compères, Les fugitifs et Tais-toi entre autres). Sans aller jusque là, on peut quand même considérer Date Limite comme une réussite.

Peter Highman (Robert Downey Jr) doit rejoindre sa femme à l'autre bout des Etats-Unis avant son accouchement, mais par une série de tuiles, il est contraint de faire le voyage en voiture avec Ethan Tremblay (Zach Galifianakis), individu particulièrement inconscient et maladroit.

On retrouve effectivement dans la trame de départ une certaine ressemblance avec celles interprétées par le tandem Depardieu/Richard de la grande époque, cependant, ce nouveau duo fait plus souvent penser à celui que formaient Jeff Bridges et John Goodman dans The Big Lebowski. D'ailleurs certaines scènes, si elles ne sont pas un hommage, sont clairement influencées par le chef-d'oeuvre des frères Coen (les cendres du papa dans la boite de café, la tenue de mission de Zach Galifianakis).

Les bouffonneries de Zach Galifianakis ne prendraient pas si son partenaire n'était pas ce Robert Downey Jr sobre et stoïque. C'est le fait qu'il cherche constamment à contenir son énervement qui provoque le rire, et on rit plus encore quand la tension est trop forte et qu'il se laisse aller à quelques débordements (cf. la scène du gamin chiant).


Une fois l'équilibre trouvé entre les deux personnages, il ne reste qu'à dérouler le film et imaginer toutes sortes de situations, plus rocambolesques les unes que les autres. C'est d'ailleurs là où le film est beaucoup moins fort que ceux de Francis Veber, mais peu importe, les situations sont drôles et les divers personnages rencontrés apportent de l'eau au moulin du duo principal. La singularité de ce tandem suffit à faire des situations les plus éculées (fumage de pétards, etc.) de vraies scènes de comédie.

Evidemment, on n'échappera pas à quelques effusions sentimentales, mais elles sont rares et souvent désamorcées avec force par une réplique ou une vanne qui va bien.

Pour toutes ces raisons, disons tout de go que Date Limite est le deuxième film à voir de la semaine (après Rubber évidemment, qui lui est le film de l'année).

mercredi 10 novembre 2010

Critique : Potiche, de François Ozon

Je n'ai pas envie de cacher que j'avais prévu une introduction assez dingue pour cette critique, toute en allitérations à base de potiche, pitch, potache, putsch, et pourquoi pas postiche, patch et pistache. Mais je n'ai pas vraiment réussi à goupiller tout ça harmonieusement. Alors restons simples, je me contenterai sobrement d'écrire qu'avec un casting et un réalisateur prestigieux, Potiche est assurément le "film de la semaine", c'est-à-dire celui que les gens vont aller voir avec plaisir et enthousiasme à partir de ce 10 novembre.

Ils n'ont pas tout à fait tort les gens, parce qu'on aurait tort de se priver d'une union Deneuve + Luchini + Depardieu, dirigés par un réalisateur talentueux et reconnu. Mais ils ont quand même un peu tort, déjà parce que LE film de l'année sort le même jour (Rubber). Ensuite parce qu'il semble désormais presque évident que François Ozon n'est pas fait pour la comédie.

Adaptant une pièce de théâtre de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy (en deux mots l'histoire d'un PDG macho qui se fait remplacer par sa femme à la tête de son entreprise), le réalisateur de 8 femmes n'arrive que très rarement à en faire un film. Les dialogues ciselés de la pièce tombent souvent à plat, la faute à une interprétation souvent maniérée et déclamatoire et une mise en scène misant tout sur une esthétique seventies un peu fun mais ne cherchant que secondairement à rendre les gags efficaces.

Pas aidés non plus par leurs personnages, un poil caricaturaux, les comédiens sont à la peine, notamment Jérémie Rénier en fils modèle efféminé ou Judith Godrèche en blondasse antipathique, qui ont beaucoup de mal à se rendre crédibles. Le trio principal s'en sort mieux heureusement, et donne au film ses meilleurs scènes, dans des registres familiers : Luchini excelle dans la logorrhée excédée, tranchant avec une Deneuve calme et espiègle, tandis que Depardieu reprend avec brio son rôle désormais habituel d'homme fruste au grand coeur.


On rit quand même, parfois, quand le film parvient à transcender son matériau théâtral de base pour en faire un vrai film de comédie, y apporter de vraies situations et de vraies répliques de cinéma. Dommage que la plupart du temps, Ozon reste si paresseux dans son adaptation, se contentant souvent de balancer une allusion balourde ou un gag bon marché.

Quant au message sous-jacent du film, s'il y en a un, il est délivré avec assez de maladresse pour qu'on n'ait pas vraiment envie de le comprendre ni même s'y intéresser. Le côté un peu ridicule de la scène finale montre bien qu'il n'y aura pas de grands enseignements à tirer de ce conte contemporain, sympathique mais pas indispensable.

samedi 23 octobre 2010

Critique : Les petits mouchoirs, de Guillaume Canet

Guillaume Canet, avec déjà trois films à son actif en tant que réalisateur, est déjà un cinéaste fascinant. Après le très réussi Mon Idole et le multi-césarisé Ne le dis à personne, deux films tout à fait différents, le voilà qui réunit tous ses amis dans Les petits mouchoirs, comédie vacancière très personnelle (paraît-il) dont le fond dramatique semblerait se réclamer de Claude Sautet, entre autres.

Max (François Cluzet) invite comme chaque année tous ses amis dans sa grande maison du Cap-Ferret. L'un deux (Jean Dujardin) est victime d'un grave accident peu avant le jour du départ. Ils décident de partir quand même, le laissant sur son lit d'hôpital.

Après une scène d'ouverture renversante (jeu de mot !), puis une visite éprouvante à l'hôpital, on a très vite l'impression qu'on ne va pas beaucoup rigoler. Mais il suffit que nos amis se décident finalement à partir envers et contre tout pour que l'atmosphère se détende. On semble alors se tourner vers la comédie, une comme celles qu'on voit régulièrement au cinéma, sans prétention, légère et sympathique.

Dans ce domaine, Canet s'en sort plutôt bien. Les personnages sont un brin caricaturaux mais les situations sont drôles, les acteurs aussi, surtout François Cluzet, exceptionnel en propriétaire bling-bling et nerveux. Petit défaut toutefois, le film a une fâcheuse tendance à renfermer ce groupe d'amis sur lui-même en les montrant se gausser eux-mêmes de leurs propres pitreries, une façon de doubler le rire du spectateur, qui peut facilement s'en sentir exclu.

Une scène drôle.

Mais si c'était le seul défaut, on pourrait encore dire que Les petits mouchoirs est un bon film, fort de son rythme enlevé, ses répliques cinglantes et ses situations drolatiques. Seulement, il ne l'est pas et pour une raison simple, Guillaume Canet est beaucoup trop audacieux. Comédie pure ? déjà fait, il veut aller plus loin, mettre vraiment de lui dans son film. Et mettre de lui, c'est forcément faire dans le triste, le mélo, le grave. Et quand il cherche à faire du sérieux avec de l'invraisemblable (Magimel subitement amoureux de Cluzet, son ami de 15 ans), le rendu sonne affreusement faux. C'est naïf, c'est sot.

Mais admettons… Passe encore qu'on veuille préserver un certain équilibre en opposant chaque marrade à un moment d'amertume, qu'on cherche à susciter l'émotion avec une musique ad hoc (Nina Simone and co), qu'on fasse durer au maximum les moments mélancoliques pour montrer que la vie n'est pas toujours que drôle, même en vacances (mention spéciale pour la soirée guitare, featuring Maxim Nucci en zicos barbu, et son tour de chant interminable). Passe encore que ces vacances entre potes soient raisonnablement ternies par le spleen ou les petites histoires personnelles de chacun. Bref, passe encore que le réalisateur sorte de dépression et qu'il veuille en faire part à ses spectateurs, par petites touches. Mais quand au bout de deux heures, au moment où depuis longtemps un cinéaste modeste ferait défiler le générique, Guillaume Canet veut enfoncer le clou, et passe définitivement du côté obscur, celui du pathos sans limite, de l'orgie tragique, Les petits mouchoirs devient bouleversant, bouleversant de ridicule, et devient surtout un très ! mauvais !! film !!!


C'est ainsi qu'entre deux rabibochages de membres de ce groupe qui nous indiffère de plus en plus seconde après seconde, on aura finalement passé la plupart du temps à béer devant les incroyables épanchements lacrymaux de Marion Cotillard (qui pleure de PARTOUT), prendre des leçons de vie véhémentes (mais pleines de bon sens forcément) du vieux loup de mer du groupe ou encore le voir déverser son fiel ou des sacs de sable dans des endroits incongrus. Et surtout, regarder sa montre, beaucoup.

Et un moment le film s'arrête. Soulagé mais accablé, on se demande quelle mouche à piqué Guillaume Canet avant qu'il choisisse de dénouer sa petite histoire de vacances dans un sinistre aussi complet. Au final, on choisira de ne retenir que la partie fun du film, celle qui met en scène un François Cluzet luttant contre les marmottes de son grenier, celle qui présente une foule de petites saynètes futiles, mais drôles, un peu dans l'esprit Nos enfants chéris, très loin de la gravité et du pathétisme ultra-démonstratif et totalement improductif dont souffre le reste du film.

Et comme on a affaire à un film choral avec au moins 11 acteurs principaux, j'ai bien envie d'introduire un concept golri dans cette critique négative, pour détendre l'atmosphère. Donc c'est parti pour le...


BONUS SPORT ET VACANCES : LE JEU ET LES JOUEURS
(pas) en partenariat avec 

François Cluzet (8) : sans conteste l'homme du match, le vieux briscard du groupe a été l'auteur de nombreux exploits individuels et a constamment tiré l'équipe vers le haut, avant une baisse de régime en fin de partie.

Valérie Bonneton (6.5) : évoluant dans un rôle un peu ingrat, elle s'est est bien sorti, multipliant les bonnes passes en profondeur, et forme une belle paire d'attaque avec Cluzet.

Benoît Magimel (3.5) : A vouloir trop jouer dans la profondeur, il a lamentablement échoué tout ce qu'il a entrepris, et ce dans tous les compartiments du jeu avant de se trouer définitivement en toute fin de partie.

Gilles Lellouche (6) : dans son rôle habituel, il s'est montré à son aise, bien en jambes, et s'en est tiré avec les honneurs.

Laurent Lafitte (6) : encore un peu juste techniquement, le jeune Lafitte est néanmoins promis à un grand avenir, il hérite là d'un rôle assez inintéressant et s'en acquitte sans trop de dégâts.

Pascal Arbillot (5.5) : a alterné le bon et le moins bon, elle a semblé avoir eu du mal à se situer. Un peu en retrait dans l'ensemble.

Marion Cotillard (6) : la star internationale de l'équipe s'est contentée des fondamentaux mais a par moments offert au public de jolis gestes techniques (notamment une belle dégoulinure du nez (© JB Morain)).

Jean Dujardin (-) : victime dès la 3ème minute d'un tacle très agressif, il est sorti sur civière. On attend les résultats de l'IRM, qui risquent de n'être pas très bons.

Louise Monot (4.5) : fantômatique, elle a été remplacée par Anne Marivin qui sur le flanc droit (de la voiture de Laurent Lafitte) n'a pas particulièrement brillé non plus.

Hocine Mérabet (4.5) : beaucoup de déchet pour le réserviste déniché par Guillaume Canet mais il a beaucoup couru, signe de sa bonne volonté.

Maxim Nucci (4) : rentré vers la 80ème minute (à peu près) pour apporter un peu de fraîcheur, il a plus ralenti le jeu qu'autre chose, et s'est fait sortir bien vite.

samedi 9 octobre 2010

Critique : Kaboom, c'est beau, c'est drôle, c'est fou

Après la trilogie de l'apocalypse adolescente (Totally F***ed Up, The Doom Generation, Nowhere), le superbe (mais archi-glauque) Mysterious Skin et l'incroyable Smiley Face (jusqu'à maintenant le meilleur rôle d'Anna Faris), Gregg Araki revient cette semaine avec Kaboom, chronique estudiantine sur fond de mystère et de rêves prémonitoires.

La première image du film est typique. Teintes chatoyantes, esthétisme extrême, musique planante. Kaboom est d'abord un très beau film. On voit qu'Araki aime ses personnages, constamment magnifiés par la mise en scène, les couleurs, l'ambiance sonore. Tous ces éléments participent à une ambiance générale du film singulière et fascinante. Les nombreuses scènes de sexe par exemple, tout en étant plutôt crues, ont une sorte de puissance esthétique assez inouïe, qui leur donne un côté beau et sensuel, calme et tendre.

Ensuite Kaboom est un film drôle. Des personnages plaisant et/ou idiots (le coloc surfeur en tête), des répliques cinglantes (surtout chez les filles), des situations typiquement arakiennes ; on n'est parfois pas si loin de l'esprit de son précédent film (Smiley Face), comédie débile à souhait mais fourmillant d'idées de mise en scène la rendant absolument exquise.


Enfin Kaboom est aussi et surtout un film ambitieux. D'un point de départ pas très éloigné des Lois de l'Attraction de Brett Easton Ellis (et de son adaptation cinématographique plutôt réussie), Araki parvient à ajouter à son film une couche de thriller voire de film d'épouvante dans certaines scènes. On ne sait jamais très bien sur quel pied danser jusqu'à la toute fin du film, ferme et définitive. On sort alors du film secoué, perplexe, et pourtant, tout est cohérent, et le plaisir n'en est que meilleur au second visionnage (oui retournez-y).

En ajoutant à toutes ces qualités - 1. une musique omniprésente, éclectique, constituée aussi bien de morceaux de groupes pop obscurs ou reconnus que de compositions originales de Robin Guthrie (des Cocteau Twins) et Videk Maddala, 2. des acteurs parfaits, notamment Juno Temple, pour qui je réclame dès maintenant l'Oscar 2010 de la meilleure actrice, on peut donc clairement considérer que Kaboom fait partie des 10 meilleurs films de l'année.

mercredi 25 août 2010

Critique : Le bruit des glaçons, un Blier honnête

Bertrand Blier est mon idole. Bertrand Blier est une légende. En tout cas il est l'un des rares auteurs à avoir écrit et réalisé quatre chefs d'oeuvre d'affilée (Les Valseuses, Calmos, Préparez vos mouchoirs et Buffet froid de 1974 à 1979). Depuis lors, sa filmographie est apparue plus hétérogène, montrant ses capacités égales à endormir toute une salle avec des films-assommoirs (Trop Belle pour Toi, Beau-Père) et à revenir aux sources en un come-back retentissant (Tenue de Soirée). Mais depuis une vingtaine d'années, si l'on excepte le génial Les Acteurs (qui n'est pas exempt de toute critique néanmoins), le cinéma et la verve de Blier tendent à s'essouffler (Combien tu m'aimes), voire à s'auto-caricaturer (Les Côtelettes), malgré un retour à l'esprit caustique et absurde des premiers films.

Le bruit des glaçons est incontestablement un film bliéen (c'est comme ça qu'on dit ?). Dans les mots, on retrouve cet éternel esprit franchouillard, cette faconde commune à tous les personnages, ces dialogues à la fois vulgaires et raffinés. Dans les images, on retrouve cette mise en scène précise, ce sens du timing, de l'ellipse qui claque. Mais c'est à double-tranchant et s'il faut trouver un reproche, c'est là qu'il se trouve. Alors que dans les années 70, ses films était une véritable bouffée d'oxygène, désormais tout ce qu'on y voit apparaît comme une référence. Blier maîtrise ses fondamentaux mais en abuse parfois, qu'ils soient puisés de son propre cinéma ou de celui des autres (Kubrick ?). Son usage d'une foule de procédés un peu vieillots alourdissent son récit et nuisent à la fluidité de l'ensemble (Jean Dujardin s'adressant au spectateur, flash-backs inutiles, mises en abyme un peu foireuses).


Cependant, l'essentiel de Blier est là : les dialogues. Comme d'habitude, on a droit à un festival de répliques brutales et cinglantes, et elles sont dites avec talent, notamment par Albert Dupontel, dont on ne pouvait rêver meilleur prestation dans le rôle du cancer. Jean Dujardin, quand à lui, s'en tire plutôt honnêtement mais son élocution a quelque chose d'ordinaire qui ne peut soutenir la comparaison avec ses illustres prédécesseurs (Depardieu, Dewaere, Marielle, Serrault). Par ailleurs, ce film n'est pas qu'un film d'hommes. La vraie histoire du film est celle de le relation entre Dujardin et sa domestique jouée par Anne Alvaro. C'est elle qui sert de fil rouge au film et qui lui donne une couleur presque romantique au final, ce que ne laissait pas du tout entendre la bande-annonce. A noter aussi l'excellent second rôle de Myriam Boyer (maman de Clovis Cornillac), dans une partition que l'on a pas l'habitude de voir chez Blier, en tout cas pas au féminin.

Pour résumer Le Bruit des Glaçons, on pourrait dire qu'il est représentatif de la filmographie de son réalisateur. Drôle souvent notamment lors de séquences de dialogues sans artifice entre ses protagonistes principaux, poussif parfois lorsqu'il se prend à vouloir expliciter l'absurde en se perdant en flashbacks, mais finalement jamais à court d'idées. Voilà pourquoi j'attends avec impatience le prochain.

vendredi 30 juillet 2010

Critique : Night and Day, une comédie sympa mais flemmarde

Des Night and Day, il en sort régulièrement. Un Night and Day, c'est une comédie sur fond d'espionnage ou de milieux mafieux où un ou deux protagonistes n'ayant rien demandé à personne se retrouvent embringués dans d'incroyables pérégrinations, fusillades ou autres courses poursuites. La dernière production notable du genre était Crazy Night dont j'avais émis une opinon plutôt favorable ici-même.

Mais ce Night and Day-là est un peu différent des autres. D'abord il y a Tom Cruise. Ensuite il y a Cameron Diaz. Et enfin il y a James Mangold (Identity, 3h10 pour Yuma, Walk the line). De quoi pouvoir espérer qu'on sorte un peu des sentiers battus... Ben non.

June (Cameron Diaz) voyage dans le même avion que Roy (Tom Cruise), mais après un bref passage aux toilettes elle apprend horrifiée que Roy vient de tuer tout le monde, pilotes inclus. Débute alors une incroyable cavale des deux néo-acolytes, poursuivis de toutes parts avant même que June ne comprenne quoi que ce soit de la situation.

Au début, c'est drôle, notamment grâce au personnage de Tom Cruise, tueur impitoyable et décontracté. Sa façon de dézinguer un à un tous les méchants, d'atterrir toujours au bon endroit et de maîtriser toutes les situations avec une sérénité à toute épreuve est assez jouissive et apporte un côté burlesque et second degré plutôt sympathique. Son opposition avec le personnage de Cameron Diaz, en crise de nerfs continue pendant une bonne demi-heure de film, parvient à nous tenir en haleine un bon moment. On retrouve à certains moments du film l'esprit de True Lies, modèle du genre.


Mais le scénario ne suit pas. L'intrigue, cousue de fil blanc et sans aucune surprise, ne peut pas compter sur les scènes d'actions pour relever le niveau général, dynamiques mais trop invraisemblables pour produire la moindre excitation. Quand à l'humour, il est rarement au rendez-vous quand il ne s'appuie pas sur la performance des deux acteurs principaux, et ne va jamais assez loin dans le burlesque pour contrebalancer l'abracadabrantesquerie de l'ensemble. On sait bien vite comment tout cela va finir : personne ne va mourir sauf éventuellement quelques vilains. A noter les seconds rôles tout à fait improductifs de Peter Sarsgaard et Paul Dano.

Ajoutons à cela quelques failles scénaristiques et on obtient un Night and Day tout ce qu'il y a de plus anecdotique, rigolo mais un peu faible, agréable mais un peu trop fainéant. On attendra encore un peu pour le retour en force de Tom Cruise (et peut-être encore plus pour Cameron).

mardi 15 juin 2010

Fatal, mais pourquoi est-il si vulgaire ?

Un petit coup d'oeil sur la filmo de Michaël Youn suffit pour ne pas vraiment avoir envie d'aller voir Fatal, son premier long-métrage en tant que réalisateur, qui sort demain mercredi. Mais ce serait oublier ses talents de parodiste entrevus jadis au Morning Live et définitivement entérinés en 2008 sous l'identité de Fatal Bazooka, sous la forme de divers clips et chansons plutôt marrants. Ce sont les raisons pour lesquelles j'avais fondé quelques espoirs dans le film racontant la vie du célèbre rappeur savoyard.

Comme prévu, Michael Youn excelle précisément là où on l'attend : on trouve à qui parler lorsqu'il s'agit de donner dans la caricature extrême, notamment lors de l'exposition des personnages principaux Fatal Bazooka et Chris Prolls, son rival, incarné (avec brio) par Stéphane Rousseau. Le trait est vif, percutant et dessine une première demi-heure de film assez agréable. On retiendra surtout la séquence (trop courte) des "Music Awards de la Musique" passant en revue l'ensemble du paysage musical français dans une cascade de pastiches toutes plus drôles les unes que les autres (mention spéciale pour la chanson des Enculés, Pédofile d'ici). Fin de la partie élogieuse.

Le clip de Fuck You, le tube de Chris Prolls, assez fort

Coup de théâtre dans le film. Fatal se rend coupable d'exhibitionnisme sur la scène des Music Awards de la Musique et devient infréquentable. Il décide donc de retourner chez sa maman (Catherine Allégret !), en Savoie. Malheureusement, Michael Youn ne sait pas construire un scénario, ni élaborer la moindre situation comique. A défaut de qualité, il parie donc sur la stratégie du continuum gaguesque (notion que je viens d'inventer), enchaînant à toute berzingue force blagues scatos voire grossières, running gags mal choisis, ou tentatives d'humour noir hors de propos. Au passage, les rares gags potentiellement amusants sur le papier sont systématiquement massacrés par l'inexpérience du réalisateur ou la faiblesse des interprètes (Fabrice Eboué, Jérôme Le Banner).

Au final, le film ne trouve jamais sa propre tonalité, naviguant allègrement de la parodie Nuls-like au délire cartoonesque en passant par d'innombrables sorties pipi-caca absolument inutiles. Le bon point, c'est que dans cet affreux fourre-tout de la vanne, aucune place n'est laissée aux bons sentiments, désormais systématiques chez les collègues Dubosc ou Dany Boon. On regrettera néanmoins que la seule alternative que Michaël Youn ait trouvé à une happy end à la Camping soit une scène de diarrhée générale

dimanche 13 juin 2010

Les meilleurs amis du monde, ça partait bien...

Dimanche soir. 20h30. De retour chez moi après avoir enfin vu Greenberg (sympathique film mais déprimant), je passe innocemment devant l'UGC Lyon-Bastille et me retrouve face à un dilemme. A 20h20, séance de Les meilleurs amis du monde de Julien Rambaldi, dont la curieuse affiche réunit Pef, Léa Drucker, Pascal Arbillot et un Marc Lavoine moustachu très intriguant. Alors : ça ou Allemagne-Australie ? Carte UGC illimité oblige, j'entre.

C'est l'histoire de deux couples. Léa Drucker et Pef Martin-Laval sont invités chez Marc Lavoine et Pascale Arbillot, leurs meilleurs amis. Hic : pour cause d'incident téléphonique, les uns ont surpris une conversation des autres dénotant du peu d'estime qu'ils leurs portent, avec une assez grande violence. Effondrés, ils décident de se rendre quand même chez leurs (ex-)amis pour se venger de cet affront.

Sur ce point de départ plutôt excitant, on peut s'attendre à tout et n'importe quoi. Le film commence comme une comédie acide et décalée à la Tout doit disparaître, mettant en scène le couple Drucker/Pef en pleine exécution de ses plans diaboliques (mauvais esprit, crevaison de pneus, saccages en tous genres). Ces excès sont commis avec un tel déchaînement de cruauté qu'ils nous font presque plaindre les victimes, qui l'ont pourtant cherché, posant alors une vraie question : est-ce vraiment punissable de parler en mal de ses amis sans qu'ils le sachent ?


Mais le tournant du film est pris dans la mauvaise direction. Passée une première heure d'une cruauté plutôt réjouissante, le scénario n'en récolte pas les fruits et préfère faire machine arrière, retournant dans les sentiers battus d'une comédie potache, gentillette et pas très drôle. Dans la plus pure et la plus agaçante tradition des comédies françaises actuelles, la suite du film consiste en une série de péripéties insipides, menant tout droit au dénouement habituel : tout est bien qui finit bien. Jamais le film ne reviendra creuser plus profondément son sujet de départ, préférant s'enrouler dans la guimauve.

Du film, je retiendrai au moins à ma grande surprise le surjeu exquis de Marc Lavoine en parvenu bling-bling et arrogant, qui m'a rappelé à certains moments (toutes proportions gardées) le Jean-Pierre Marielle moustachu et déchaîné des années 80. En y repensant je supporte presque d'avoir manqué le meilleur match du Mondial jusqu'à maintenant (4-0 quand même). Putain de carte illimitée...

vendredi 14 mai 2010

Crazy Night, une petite comédie sympatoche

Shawn Levy, réalisateur de La Nuit au Musée et La Panthère Rose en a visiblement eu marre de faire des films de gamins. S'infiltrant dans la brèche qu'avait ouvert The Hangover l'an dernier, l'ami Shawn a réussi à s'entourer des excellents Steve Carell et Tina Fey pour faire un vrai film de comédie pour les grands.

Le couple Foster en a un peu marre de son train-train quotidien et décide d'aller dîner dans le resto le plus classe de la ville. Complet, mais par un heureux concours de circonstances ils arrivent à se faire passer pour un autre couple ayant réservé leur place, eux. Le problème, c'est que ce couple est recherché par de dangereux malfaiteurs... Badaboum.

Voilà donc le point de départ pas très jojo de cette comédie. On croit qu'on va souffrir et finalement non, c'est drôle, grâce d'abord à Steve Carell et Tina Fey, excellents quoiqu'un peu trop prolifiques en bonnes vannouzes du tac au tac pour rendre crédible leur couple prétendu morose (ce que personnellement j'appelle le syndrome Friends, mais j'en parlerai un autre jour). Car plus encore que pour ces deux-là, certains seconds rôles ont été particulièrement soignés, comme celui de James Franco en larron sympathique bien que doucement allumé ou Mark Wahlberg en ex-client charitable mais exaspérant de torsenuitude (comprendra qui aura vu le film). Ce genre de personnages jalonne le récit, et dynamise le film, qui n'est jamais ennuyeux. En revanche je passe plus rapidement sur celui de Ray Liotta, absolument inutile dans un rôle de parrain pas du tout effrayant.

Tina Fey - Steve Carell, bien assortis

D'ailleurs voilà le gros défaut de Crazy Night : tout le monde est gentil. Les deux flics ripoux qui poursuivent le couple ne semblent jamais vraiment dangereux et on sait pertinemment qu'il n'arrivera rien de bien grave aux héros jusqu'à la fin du film. Tout le monde est bienveillant, par exemple le personnage de Mark Wahlberg se fait détruire malencontreusement sa superbe voiture de course (entre autres) par le couple Foster, mais c'est pas grave c'est pour aider. James Franco, lui, qui détient la clé USB recherchée par les malfaiteurs la cède à nos amis sans qu'ils aient même à le demander et sans aucune contrepartie.


Bref tout cela reste très concon et simpliste du début à la fin, sans doute un héritage des précédents films de Shawn Levy, mais en revanche celui-ci ne donne jamais dans la grossièreté comme cela pouvait être le cas dans The Hangover, qu'on cite souvent pour parler de ce film. Pour ma part, je trouve que l'ambiance générale va plutôt lorgner vers un Kiss Kiss Bang Bang notamment lors de scènes d'actions bien maîtrisées, plutôt inventives et joyeusement décalées. La différence avec le film de Shane Black, c'est évidemment le scénario qui ne va jamais chercher très loin dans la construction de l'intrigue ; le tout se résoudra finalement en deux coups de cuillères à pot, mais on s'en fout, l'important c'est qu'on ait ri un peu, et c'est le cas.

On oubliera quand même bien vite ce petit film sympathique et amusant, et on conseillera plutôt un bon Kick-Ass toujours en salles, pour sortir des sentiers battus de la comédie américaine populaire et bêtasse.

vendredi 2 avril 2010

J'ai aimé Tout ce qui brille !

Eh oui, Tout ce qui brille m'a surpris. Après avoir vu la bande-annonce de ce film, j'ai tout de suite détesté Géraldine Nakache, Leila Bekhti, le numéro grotesque de Audrey Lamy, toutes les blagues m'ont consterné, j'ai trouvé que la seule phrase prononcée par Manu Payet ("T'es relou hein !") sonnait affreusement faux. Sans parler de cette reprise d'une chanson de Véronique Sanson complètement superflue. Aucune envie de voir ce navet donc.

Et puis finalement, il n'y a rien de bien excitant au cinéma en ce moment, alors quand vient l'heure du choix, on se dit que les films les moins chiants sont en général les comédies. Avec un peu de chance, on rit à deux ou trois blagues et on a gagné sa soirée. Alors on choisit Tout ce qui brille, de Géraldine Nakache, sans le moindre espoir, presque la mort dans l'âme.

Puis le film commence, et nous raconte l'histoire de deux amies originaires de Puteaux qui s'incrustent dans des soirées chics pour changer d'environnement et intégrer des milieux plus aisés, et somme toute, on s'attache assez vite aux deux héroïnes, mais pas trop : elles restent quand même niaises, puériles, grossières et un peu connes.

Et c'est la où est la force du film à mon sens : dans son réalisme, j'ose même dire son humanité, qui transparait en particulier dans les scènes de famille, rares mais bien dosées. Les seconds rôles sont particulièrement soignés, notamment celui de Nanou Garcia qui joue la mère de Géraldine Nakache, et évidemment celui d'Audrey Lamy, assez convaincante en prof de sport au verbe chatoyant. Du reste, Manu Payet n'est pas si mauvais que ça non plus, à mon grand étonnement. Pour ce qui est de la vanne, pas de souci à se faire, les dialogues sont réussis et la plupart des gags sont drôles, en tout cas jamais vulgaires.

En revanche, on ne coupe pas à l'épisode mélodramatique à base de t-as-changé-je-suis-plus-ta-pote, ce qui nous vaut des répliques du style "mais t'es une merde en fait" ou encore "je meurs à l'instant si un jour j'te reparle", une situation qui nous vaut également une piètre scène de colère toute rouge signée Leila Bekhti, ainsi qu'une bonne demie heure de film assez ennuyeuse, le temps de résoudre la brouille.

Le deuxième gros défaut du film réside dans la faiblesse des personnages de "riches" interprétés par Virginie Ledoyen entre autres, pour le moins caricaturaux. La sus-nommée fait l'effet d'un personnage totalement égoïste, antipathique, doublé d'une mauvaise mère, et lesbienne pour couronner le tout (pourquoi ?). Le personnage du tombeur incarné par Simon Buret est également un peu léger, on ne saisit jamais très bien quelle est sa problématique, pourquoi il est si désagréable et accessoirement ce que le personnage de Leila Bekhti peut bien lui trouver (ça c'est un avis personnel). Tout cela est probablement une façon d'asséner un message sous-jacent là où il n'est pas forcément nécessaire, alors que le film s'en serait très bien sorti dans un registre purement comique.

Tout ce qui brille reste malgré tout une bonne surprise, dans une période où les bonnes comédies à la française se font de plus en plus rares, et j'encouragerai désormais tout un chacun à ne pas se fier à la nullité d'une bande annonce pour décider d'aller voir un film ou non (sauf pour L'Arnacoeur).