samedi 20 mars 2010

Alice au pays des merveilles, c'est pas bien

Et pour vraiment inaugurer ce superbe blog, rien de tel qu'une belle critique de film.

Je ne suis pas le fan n°1 de Tim Burton mais, comme ça, je dirais au moins le n°50.000, ce qui est somme toute une place honorable. Je considère comme des chefs-d'oeuvre des films comme Beetlejuice, Edward aux mains d'argent, Batman & Batman le défi, L'étrange Noël de Mr Jack, Ed Wood, et même Sweeney Todd, dont les mauvaises chansons n'ont pas réussi à me dégrader le plaisir de découvrir le retour aux sources de mon idole Tim. C'est pourquoi je me rends en général au cinéma avec un a priori positif quand c'est pour aller voir un de ses films.

Les circonstances étaient un peu différentes pour Alice. La pesante estampille de Disney aperçue dans la bande-annonce ne présageait rien de bon, et malgré le fameux Sweeney Todd de 2008, la précédente décennie de Tim Burton a globalement été une série d'échecs : gros navet en 2001 (La planète des singes), guimauve sympathique mais qui casse pas des briques en 2003 (Big Fish), adaptation de Roald Dahl semi-foireuse en 2005 (Charlie), Mr-Jack-like en moins bien en 2005 (Corpse Bride).

Alors là c'est quoi ? Pitch : Alice, une jeune blonde, se voit imposer un mariage avec un rouquin antipathique par ses parents. Au moment fatidique de la demande en mariage, Alice se sauve et suit un lapin blanc dont on ne saura jamais finalement qui il était, pourquoi il était là et finalement on ne saura pas non plus ce qu'il venait faire dans l'histoire, comme un peu tous les personnages du film. Bref Alice se retrouve au pays des merveilles, boit et mange, grandit et rétrécit en conséquence, radote toutes les cinq minutes "hey mais je suis dans un rêve ou quoi là ?", rencontre plein d'animaux qui parlent, de gens tout bizarres parmi lesquels Johnny Depp et Helena Bonham Carter, tentant d'être drôles avec ce qu'on leur donne à déclamer (des répliques pas drôles).

Pas de scénario, pas d'humour, la scénariste de La Belle et la Bête n'a pas été très inspirée pour Alice. Partant de là, Tim Burton semble s'être évertué à peindre un univers fantasmagorique plutôt réussi, si on excepte certains personnages en image de synthèse plutôt pénibles à regarder (Tweedledum & Tweedledee). La gestion de la 3D est également plutôt réussie, plus démonstrative et donc plus impressionnante que celle d'Avatar par exemple.

C'est à mon avis tout ce qu'il restera de ce film bancal, qui plaira sûrement aux enfants, et qui aura probablement son succès, ce qui permettra (j'espère) à Tim Burton d'imposer son propre imaginaire pour son prochain film, plutôt que de massacrer des classiques de la littérature enfantine.

C'est dit.

2 commentaires:

Fabien a dit…

Je remarque que quand que tu as détesté un film, moi j'ai aimé au contraire. Et quand on a tous deux détesté un film, nos avis sont pratiquement les mêmes !
Super blog en tout cas ! Je reviendrai souvent te rendre visite. ;)

Hal a dit…

Merci. En tout cas je salue ton courage d'être remonté jusqu'au premier article du blog. :-)